Géopolitique : le spectre d'Ormuz de retour au premier plan
- Iran-USA : les Etats-Unis et l'Iran ont échangé de nouvelles frappes tout en publiant des déclarations contradictoires sur la navigation dans le détroit d'Ormuz, marquant une rupture nette avec le cessez-le-feu de juin. Le commandement américain a touché des dizaines de cibles iraniennes (défenses antiaériennes, missiles) et a annoncé la reprise de son blocus des navires iraniens.
- Taxes et commerce : après avoir annoncé une taxe de 20 % sur les marchandises transitant par Ormuz, Donald Trump a finalement renoncé à son projet sous la pression des alliés du Golfe, affirmant que les recettes attendues seraient compensées par de futurs investissements directs de ces pays aux Etats-Unis.

Etats-Unis : désinflation surprise et contraste sur l'activité
- Inflation et Fed : l'IPC global a baissé de 0,42 % en juin, ramenant l'inflation annuelle à 3,5 % (contre 4,2 % le mois précédent). L'IPC sous-jacent recule également à 2,6 % sur un an (vs 2,9 % en mai). Ces données donnent un peu de répit à la Fed et éloignent le spectre d'une hausse des taux estivale, même si son nouveau président, K. Warsh, a indiqué au Congrès qu'un « peu de travail » restait nécessaire.
- Emploi : l'enquête ADP signale une moyenne de 19 750 créations d'emplois privés par semaine sur les 4 semaines achevées fin juin.
- Activité : contraste entre les PME, dont le moral (indice NFIB) s'améliore nettement à 97,4 (contre 95,7 en mai) grâce à la baisse des coûts de l'énergie, et les indicateurs globaux qui déçoivent légèrement face au consensus (PMI Services ISM à 51,2 et PMI composite à 51,9).
- Balance commerciale : le déficit américain s'est creusé pour atteindre 77,6 milliards de dollars en mai.

Zone Euro : l'automobile allemande tracte l'activité et l'emploi britannique se stabilise
- Allemagne : la production industrielle a progressé plus qu'attendu en mai (+0,9 %), portée par un rebond marqué de la production automobile.
- France : le déficit de la balance commerciale s'est lourdement creusé en un mois, passant de 5,4 (révisé à 5,6) à 6,9 milliards d'euros en mai.
- Royaume-Uni : l'enquête KPMG/REC signale une stabilisation rassurante du marché du travail. L'indice des recrutements en CDI est remonté à 49,1 en juin (contre 44,1 en mai), retrouvant ses niveaux d'avant le conflit au Moyen-Orient.
Asie : atonie intérieure chinoise et surchauffe des prix japonais
Chine : portées par la tech, les exportations s'envolent
- Prix et inflation : les prix à la production ont bondi de 4,1 % sur un an en juin (plus forte hausse en 4 ans), tandis que l'inflation des consommateurs reste modérée et ralentit (IPC à +1 % contre +1,2 % en mai).
- Commerce : les exportations s'envolent et accélèrent pour le 3e mois consécutif (+27 % contre +19,4 % en mai), portées par la tech, palliant une demande intérieure toujours en berne.
- Climat : Pékin a détaillé son plan climat (réduction de 17 % du CO2 par unité de PIB d'ici 2030).
Japon : tensions sur les prix
- Inflation : l'inflation à la production accélère à +7,1 % sur un an en juin (contre +6,6 % en mai, un sommet depuis mars 2023), tirée par les carburants et les métaux. Cette tension sur les prix fait ralentir la hausse des salaires réels (+1,4 % en mai contre +2 % en avril), même si les salaires nominaux restent solides (+3,2 %).
- Production industrielle : la production industrielle de mai a été révisée à la baisse (+0,1 %).

Matières premières : le pétrole s'envole, l'or recule
- Pétrole : porté par le regain de tensions dans le détroit d'Ormuz et les attaques ukrainiennes sur les raffineries russes, le pétrole s'envole (+15,50 % sur la période pour s'établir à 79 $).
- Or : à l'inverse, pénalisé par le maintien de rendements obligataires attractifs sans bénéficier de son statut habituel de valeur refuge, l'or chute à 4 053 $ (-2,97 %).

Marchés : rotation sectorielle et hausse des taux
- Actions : une période marquée par la rotation sectorielle au détriment de la tech et des semi-conducteurs (chute d'IBM, net recul du Kospi coréen) et une volatilité accrue liée au Moyen-Orient. La saison des résultats a toutefois bien démarré pour le secteur financier (Goldman Sachs, JP Morgan) et certains acteurs clés des semi-conducteurs comme ASML. Les indices américains progressent (S&P 500 à +0,81 %, Nasdaq à +0,88 %) tandis que l'Europe (EuroStoxx 50 à -2,07 %) et l'Asie (Nikkei à -2,87 %) piquent du nez, davantage pénalisées par l'aversion au risque géopolitique.
- Obligations : les taux souverains se tendent, les marchés intégrant le rebond du pétrole. Le 10 ans US s'établit à 4,59 % (+11 pb sur la période), le Bund allemand grimpe à 3,11 % (+18 pb) et l'OAT française à 3,89 % (+17 pb).
- Devises : le dollar reste fort, soutenu par les taux longs. L'euro stagne (EUR/USD à 1,1420) et le yen reste faible (USD/JPY à 162,25), la rumeur d'un rapatriement des fonds de pension japonais ayant été démentie.

* en devises locales ** exprimées en points de base (0,01%)
Newsletter rédigée le 15/07/2026, sur les données au 14/07/2026.
