Géopolitique : les détroits stratégiques pris en otage
- Moyen-Orient : les prix de l'énergie ont subi de fortes pressions haussières au cours des deux dernières semaines. En cause : la fermeture effective du détroit d'Ormuz, l'intensification du conflit irano-américain et les attaques des Houthis menaçant le détroit de Bab el-Mandeb (qui concentre 12 % du commerce mondial). Toutefois, une légère accalmie a été observée en fin de week-end, Téhéran ayant annoncé suspendre ses attaques tant que les Etats-Unis maintiendraient leur pause militaire.
- Autres points de tension : la Russie maintient la pression sur l'offre de produits raffinés (le marché redoute une prolongation de son interdiction d'exporter du diesel), tandis que l'Ukraine a frappé des installations énergétiques en mer Caspienne. Par ailleurs, les Etats-Unis ont annoncé l'ouverture d'une enquête contre l'Union européenne à la suite de l'amende jugée "illégale" infligée à Google.

Etats-Unis : la bonne tenue de l'économie américaine se prolonge
- Activité : l'économie américaine affiche une résilience inattendue. L'enquête préliminaire de l'Université du Michigan pour juillet dépasse largement le consensus (54,4 contre 51 attendu). L'immobilier surprend également à la hausse avec 1,427 million de mises en chantier en juin (contre 1,310 million estimé).
- Emploi : les inscriptions hebdomadaires au chômage reculent à 187 000 (contre 211 000 anticipé), confirmant la solidité du marché du travail.
- Inflation : du côté des prix, les importations ont progressé de 0,30 % sur un mois (portées par le hors-énergie), mais les anticipations d'inflation à un an des consommateurs rassurent en s'établissant à 4,20 % (sous les attentes de 4,40 %).
Zone Euro : timides éclaircies et lueurs d'espoir sur le Vieux Continent
- Macroéconomie : les indicateurs avancés signalent une légère amélioration. Le PMI Composite de la Zone Euro remonte à 51,9 (contre 50,2 attendu), tiré par le secteur manufacturier (52) et les services (51,6). La confiance des consommateurs européens s'améliore également à -15,9 (contre -17 anticipé).
- Royaume-Uni : le PIB britannique retrouve des couleurs (+0,10 % en mai et +0,70 % sur trois mois glissants), affichant sa plus forte hausse annuelle en dix mois (+1,30 %). Parallèlement, l'inflation globale recule à 2,60 % en juin, en ligne avec les attentes.

Asie : les dragons portés par la vague IA et pression sur le yen
- Japon : l'inflation sous-jacente accélère à +1,60 % sur un an en juin, toujours sous la cible de 2 % de la BoJ, mais les pressions en amont sont très fortes (prix à la production à +7,10 %, un record sur trois ans). L'activité reste robuste : le PMI Composite grimpe à 53,1, soutenu par la production industrielle qui progresse à son rythme le plus rapide depuis 2014.
- Chine : la Banque populaire de Chine a maintenu ses taux préférentiels inchangés (1 an à 3 %, 5 ans à 3,50 %).
- Taïwan : l'économie taïwanaise est galvanisée par l'IA (commandes à l'exportation en bond de +59,4 % sur un an).
- Corée du Sud : le PIB sud-coréen dépasse les attentes (+3,70 % sur un an).

Matières premières : pétrole en plein essor, l'or à l'arrêt
- Pétrole : avec un bond de +10,36 % en cinq séances, le WTI s'établit au-dessus de 90 $ (malgré un léger reflux journalier de -3,38 % lundi matin). Le baril de Brent a brièvement franchi le seuil des 100 $ le 23 juillet avant de refluer autour des 98. Les investisseurs intègrent une prime de risque géopolitique prépondérante.
- Or : freiné par la hausse des rendements réels, l'or peine à profiter de son statut de valeur refuge et stagne à 4 053 $ l'once (+0,88 %).

Marchés : les indices retiennent leur souffle avant le verdict des géants de l'IA
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Actions : les marchés sont tiraillés entre le cycle de l'intelligence artificielle et les craintes inflationnistes. Les investisseurs commencent à s'interroger sur l'ampleur et la concrétisation du retour sur investissement dans l'IA, ainsi que sur la forte circularité de cet écosystème (les géants de la tech étant à la fois clients et fournisseurs). Dans ce contexte d'attentisme avant les résultats d'un tiers du S&P 500 et du Stoxx 600, le Nasdaq recule de 1,62 % sur la semaine et le S&P 500 cède 0,61 %. L'Europe résiste mieux (EuroStoxx 50 à +0,80 %). La nouvelle semaine démarre toutefois sur un rebond en Europe motivé par le léger repli du brut.
- Obligations : la perspective de taux durablement élevés propulse les rendements souverains à de nouveaux sommets annuels. Le 10 ans américain se tend de 13 pb sur la semaine pour atteindre 4,68 %. En Europe, le mouvement est plus mesuré : le Bund allemand termine la semaine à 3,17 % (+5 pb) et l'OAT française à 3,97 % (+4 pb). De surcroît, la BCE a opté pour un statu quo attendu le 23 juillet, maintenant une approche dépendante des données. Néanmoins, l'envolée des cours pétroliers change la donne : plusieurs membres du Conseil ont envisagé une hausse immédiate et Christine Lagarde a préparé le terrain pour septembre. Une hausse de +25 pb à la rentrée devient le scénario central (sauf rechute diplomatique et pétrolière d'ici là). Les premières baisses de taux ne sont désormais plus attendues avant le troisième trimestre 2027.
- Devises : le dollar reste solide, porté par les rendements obligataires américains. L'euro cède 0,60 % sur la semaine face au billet vert (EUR/USD à 1,1370). Le yen poursuit son recul (USD/JPY à 163,83, -0,87 % hebdomadaire) avant la réunion très attendue de la BoJ.

* en devises locales ** exprimées en points de base (0,01%)
Newsletter rédigée le 28/07/2026, sur les données au 24/07/2026.

