Biodiversité : de l'urgence à l'action

Finance Durable • 22 OCTOBRE 2026 • 5min

Face à l'érosion de la biodiversité et à ses conséquences économiques et sociétales, la préservation du vivant s'impose comme un enjeu majeur. À l'occasion de la COP17, Arkéa Asset Management réaffirme son engagement pour la préservation de la biodiversité et appelle à accélérer la mobilisation des acteurs financiers en faveur de la nature.

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L'urgence d'agir

 

Rendements agricoles en berne, barrages hydroélectriques à sec, moustiques tigres agressifs et contamination des eaux aux PFAS, l'année 2026 est celle de la prise de conscience que les bouleversements que connaît la nature ont un impact direct sur la société et l'économie. L'addition est salée et les épisodes de chaleur extrême que nous connaissons vont coûter 0,1 point de PIB à la France.

 

Le vivant est la branche sur laquelle notre société est assise ; consommateurs, agriculteurs, financiers, entreprises, nous sommes tous dépendants de la Nature. Agir pour protéger et restaurer les écosystèmes est aujourd'hui une nécessité morale, mais aussi financière et sociétale.

 

En tant qu'asset manager, nous devons agir et faire notre transition, tout comme l'ensemble des parties prenantes pour atteindre les objectifs définis lors du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité et ainsi enrayer l'effondrement de la nature et protéger notre futur.

 

La COP17 peut-elle être une réponse à la hauteur de l'enjeu ?

 

La 17e Conférence des Parties (COP17) se tient actuellement à Erevan, en Arménie, et rassemble le monde entier autour d'un objectif commun : agir pour la nature et le bien-être des communautés et des générations futures.  

Il est impératif de nous coordonner avec les pouvoirs politiques et les autres institutions financières pour répondre de manière pertinente à la chute de la biodiversité. C'est pourquoi notre participation à la COP17 au sein de la coalition Finance for Biodiversity prend tout son sens et vise à réorienter les flux financiers vers des activités économiques qui réduisent leur empreinte écologique et soutiennent le financement de projets de restauration de la nature.

 

La COP15 de 2022 à Montréal s'était soldée par un accord historique destiné à guider l'action mondiale en faveur de la nature jusqu'en 2030. Il est temps d'examiner collectivement les progrès accomplis dans la réalisation des 23 objectifs du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité. Au delà de cette évaluation, la COP17 permettra d'accélérer la redistribution de richesses aux pays riches en biodiversité, ainsi qu'aux peuples autochtones et communautés locales (notamment grâce au UN Cali Fund).

 

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Pourquoi la biodiversité bouscule la gestion d'actifs ?

 

Contrairement au climat, la biodiversité ne se mesure pas grâce à une métrique universelle comme la « tonne de CO2 », ce qui rend complexe sa compréhension et son évaluation. La biodiversité doit être analysée à l'échelle locale, en fonction du contexte écologique spécifique de chaque territoire, contrairement aux enjeux climatiques qui relèvent d'une approche globale. Les impacts et dépendances d'une entreprise vis-à-vis de la biodiversité varient fortement selon l'environnement local de ses activités (zones sensibles, zones arides, etc.). Il est donc essentiel de croiser la localisation précise des sites (usines de production, parcs éoliens, etc.) avec des données locales sur la biodiversité (stress hydrique, aires protégées, etc).

 

Les pressions exercées sur la Nature sont multiples : la pollution, la surexploitation des ressources, les espèces exotiques envahissantes, pour ne citer qu'elles. Notre rôle est d'abord d'intégrer ces transformations dans nos investissements et d'en faire prendre conscience à l'ensemble de nos parties prenantes. C'est un enjeu environnemental mais aussi de performance financière à long terme, prévenir l'émergence de ces nouveaux risques fait partie de notre devoir fiduciaire.

 

Passer à l'action, sans attendre des données parfaites

 

La signature d'engagements comme le « Pledge » de Finance for Biodiversity est une première étape. Pour aller au-delà de cet engagement de principe, nous préparons rigoureusement l'intégration par les entreprises des futurs standards scientifiques du SBTN (Science Based Targets on Nature). En attendant leur finalisation à grande échelle, nous appliquons dès à présent des critères de sélection basés sur les bases de données disponibles et nous publierons de façon ouverte la part de nos actifs alignée sur ces cadres.

 

Les acteurs financiers doivent donc penser « pressions » et ne pas attendre une quantification optimale de la biodiversité. Des données existent, même si nombre d'entre elles sont imparfaites. Contrairement aux sciences dures, la finance durable évolue dans un environnement complexe, composé de multiples variables souvent difficiles à quantifier précisément. Face à cette incertitude méthodologique, notre responsabilité est d'appliquer un principe de prudence strict, tout en continuant à lutter contre les abus et en encourageant la sincérité des démarches au sein de nos propres portefeuilles, en parfaite conformité avec les attentes réglementaires.

 

Il faut donc utiliser les données avec agilité, les expérimenter avec humilité. Par exemple, les secteurs prioritaires biodiversité, issus de la base ENCORE permettent d'identifier les secteurs concentrant les impacts les plus forts sur la nature. Grâce à ce travail relayé ensuite par Finance for Biodiversity, il nous est possible en tant qu'investisseur de nous fixer des objectifs biodiversité quantifiés de réduction de nos impacts négatifs et de prioriser nos actions pour amener les entreprises dans lesquelles nous investissons à les atteindre : votes aux assemblées générales, dialogues, exclusions d'activités du périmètre d'investissements, etc.

 

Par ailleurs, en tant que gestionnaire d'actifs, nous devons faciliter et encourager les flux d'investissements vers la biodiversité, soit en proposant des produits spécifiquement conçus pour cela et adossés à des indicateurs d'impact vérifiables, soit en soutenant des projets ayant des impacts positifs et quantifiables sur la nature.

 

Pour que la finance réponde aux objectifs des accords de Kunming Montréal, il lui faut poursuivre ses efforts, inciter les entreprises à se doter d'engagements SBTN, promouvoir l'adoption de cadres reconnus comme TNFD et ISSB, réduire l'impact négatif des investissements sur la biodiversité et allouer du capital en faveur de projets à un impact positif sur la nature.

 

Agir pour protéger et restaurer les écosystèmes est aujourd'hui une nécessité morale, mais aussi financière et sociétale.

Finance Durable Tribune

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Face à l'érosion de la biodiversité et à ses conséquences économiques et sociétales, la préservation du vivant s'impose comme un enjeu majeur. À l'occasion de la COP17, Arkéa Asset Management réaffirme son engagement pour la préservation de la biodiversité et appelle à accélérer la mobilisation des acteurs financiers en faveur de la nature.

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