Croissance mondiale : l'OCDE décrit une résilience sur le fil face aux tensions géopolitiques

Vues de marchés 31 MARS 2026 5min

Chaque semaine, les équipes de gestion d'Arkéa Asset Management vous proposent un décryptage synthétique de l'actualité des marchés financiers. Au programme de cette édition, retrouvez notre analyse des faits marquants des derniers jours ainsi que nos éclairages sur les perspectives à court et moyen terme.

® Crédit photo : Adobe Stock

Géopolitique : l'impasse diplomatique s'enlise au Moyen-Orient

 

  • OCDE : le rapport intermédiaire donne des perspectives de croissance mondiale 2026 inchangées à 2,9% par rapport à l'exercice de décembre. Sans le conflit au Moyen-Orient, la projection aurait été relevée d’environ 0,3 point. Pour la Zone Euro, l'OCDE abaisse la croissance 2026 à 0,8% (vs 1,2%) et relève l'inflation moyenne à 2,6% (+0,7 point).
  • Etats‑Unis - Iran : la proposition américaine de plan de paix en 15 points a été refusée par l'Iran et des contre-conditions sont posées (notamment le dédommagement total et le refus d'abandonner son programme nucléaire). Un dialogue existe et un léger retour du trafic via le détroit d'Ormuz est signalé, mais la visibilité reste faible.
  • Diplomatie : le sommet Donald Trump - Xi Jinping est reporté aux 14-15 mai.

 

AdobeStock 1745164718

 

 

Etats-Unis : la Fed dans le doute

 

  • Fed : Michelle Bowman, membre du Board, table toujours sur le scénario de 3 baisses de taux cette année. De son côté, Christopher Waller après avoir envisagé de voter une baisse cette semaine semble s'être ravisé en raison des craintes d’inflation.
  • PMI : l'indice d'activité composite recule à 51,4 en mars (plus bas en 11 mois, contre 51,9 en février), avec des services en ralentissement (51,1 contre 51,7) et une industrie en amélioration (52,4 contre 51,6). Les coûts d'achat bondissent (63,2 contre 60) et les prix facturés augmentent (58,9 contre 56,9), signalant des pressions sur les prix. L'emploi du secteur privé repasse sous 50 pour la première fois depuis treize mois (49,7), indiquant un léger repli des embauches.
  • Activité : les dépenses de construction reculent en janvier (-0,3%). La construction non-résidentielle reste atone, à l'exception des datacenters qui surperforment. En février, l'indice composite CFNAI de la Fed de Chicago, qui agrège des indicateurs d'activité, ressort à -0,11 (contre 0,16 attendu), signalant une croissance sous son rythme potentiel.
  • Choc énergie/consommation :depuis le début du conflit, l'essence a bondi d'environ 30%, renchérissant les billets d'avion et les livraisons (la poste américaine envisage une surtaxe de 8%). En parallèle, les prix à l'import (notamment des composants informatiques) augmentent, l'immobilier se tasse avec des taux d'emprunt au plus haut depuis septembre, les stocks de pétrole brut poursuivent leur hausse et les demandes d'allocations chômage restent stables autour de 210 000.

 

AdobeStock 69934755

 

 

Zone Euro : la BCE joue la montre

 

  • BCE : Christine Lagarde confirme le mode "wait & see" en attendant l’évaluation des effets durables du choc énergie avant tout ajustement.
  • Inflation : selon l'indicateur de la BCE sur les salaires, étant donné les derniers accords salariaux signés par les partenaires sociaux jusqu'à fin février 2026, la hausse des salaires négociés devrait ralentir de 3,2% en 2025 à 2,3% en 2026, ce qui va dans le sens d'un apaisement de l'inflation sous-jacente.
  • Commerce : la Zone Euro affiche un déficit commercial, comme en janvier 2025. Effectivement, le solde « machines et véhicules » chute de 16,2 Mds€ en décembre 2025 à 1,7 Mds€ en janvier 2026. L'excédent avec les Etats‑Unis atteint 8,1 Mds€, tandis que le déficit avec la Chine demeure élevé (-24 Mds€).
  • Activité :en février, les flux de prêts au secteur privé restent soutenus (ménages +19 Mds€, entreprises +16 Mds€), tandis que la confiance des consommateurs recule en mars (-16,3, plus bas depuis octobre 2023).
  • Allemagne : l'indice IFO recule de 2 points en mars reflétant une faiblesse marquée dans les secteurs intensifs en énergie (construction, logistique, tourisme). La confiance des ménages tombe à -28, un plus bas depuis janvier 2024.
  • France : la confiance des consommateurs perd 2 points à 89, avec une forte remontée des craintes d'inflation. La contraction des carnets de commandes pèse sur le climat des affaires dans l'industrie depuis février, particulièrement dans l'aéronautique qui était à un niveau très élevé.

 

AdobeStock 73669739

 

 

Asie : la pause monétaire se poursuit en Chine

 

Japon : la boucle salaire-prix s'installe dans les services

 

  • Prix à la production : en février, l'indice des prix à la production des services progresse de 0,2% en glissement mensuel et de 2,7% en glissement annuel. La hausse est concentrée dans l'hôtellerie et la construction, secteurs intensifs en main-d'œuvre, reflétant une inflation alimentée par la progression des coûts salariaux.

 

Chine : la Banque centrale prolonge la pause sur son soutien monétaire

 

  • BPC : la Banque centrale chinoise maintient les taux de référence des prêts (LPR) à 3,0% sur un an et 3,5% sur cinq ans, prolongeant la pause en place depuis juin 2025. Ni les bons chiffres du début d'année ni les directives du NPC (dont l'ajustement de la cible de croissance) ne plaident, à ce stade, pour un soutien monétaire additionnel à court terme.

 

AdobeStock 1860143802

 

 

Marchés : les indices boursiers sous pression

 

  • Actions : les marchés développés reculent dans un contexte d'incertitude géopolitique et de pétrole durablement élevé. Ainsi, l'Euro Stoxx 50 est resté globalement stable sur la semaine, malgré des évolutions en dents de scie, tandis que le S&P 500 a enregistré un repli (-2,12%). La crainte d'une inflation plus persistante pèse sur les valeurs sensibles aux coûts et aux taux (aérien, chimie, industriels à forte intensité énergétique, tech), tandis que les segments défensifs ayant une meilleure visibilité (santé, télécoms) résistent mieux.
  • Obligations : les rendements des dettes souveraines montent nettement, sous l'effet du regain de risque inflationniste lié à la hausse du pétrole et du gaz. En Zone Euro, le Bund 10 ans progresse et les primes de risque française, espagnole et italienne s'écartent de quelques points de base par rapport au Bund.

 

Matières premières : le Brent repart à la hausse

 

  • Pétrole : le Brent repart à la hausse et évolue désormais autour de 111,8$ le baril et le WTI près de 100$. La prime de risque reste élevée, sur fond d'impasse diplomatique, de déploiements militaires supplémentaires au Moyen-Orient et de menace d'escalade (y compris autour de l'île de Kharg).
  • Métaux : l'or tente de se stabiliser mais reste sous pression d'un dollar fort et d'anticipations de taux plus élevés. Les métaux industriels reculent face aux craintes sur la croissance et sur les coûts énergétiques.

 

marches

 

Newsletter rédigée le 30/03/2026, sur les données au 27/03/2026.

Dernières actualités

Voir plus d'articles
Communiqués de presse Article

Stéphane Cadieu : « Nous avons enregistré une collecte record, alimentée par l'ensemble de nos moteurs »

Un peu plus d'un an après la création d'Arkéa Asset Management, Stéphane Cadieu dresse, pour L'AGEFI et Les Echos, un premier bilan prometteur et évoque les projets futurs.

Lire cet article
Vues de marchés Newsletter

Les marchés saluent l'accalmie géopolitique, l'économie réelle reste sous pression

Chaque semaine, les équipes de gestion d'Arkéa Asset Management vous proposent un décryptage synthétique de l'actualité des marchés financiers. Au programme de cette édition, retrouvez notre analyse des faits marquants des derniers jours ainsi que nos éclairages sur les perspectives à court et moyen terme.

Lire cet article
Vues de marchés Newsletter

Le blocage du détroit d'Ormuz provoque une envolée historique des prix d'hydrocarbures

L'économie mondiale a été percutée de plein fouet par l'embrasement du Moyen-Orient. Le blocage du détroit d'Ormuz et les frappes contre les capacités de production de la région ont provoqué une envolée historique des prix des hydrocarbures, faisant craindre un rebond de l'inflation et une détérioration des perspectives de croissance.

Lire cet article