Etats-Unis : la confirmation de la résilience américaine ?
- Emploi : le marché du travail reste dynamique avec 178 000 créations d'emplois en mars, surpassant de loin le consensus (60 000). Cette surprise est toutefois tempérée par la révision à la baisse des chiffres de février (133 000 destructions contre 92 000 annoncées). Les demandes d'allocations chômage restent faibles (219 000) et le taux de chômage stagne à 4,2%.
- Inflation : conformément aux attentes, l'inflation PCE augmente de 0,39% sur un mois et l'inflation sous-jacente de 0,37%.

Zone Euro : la hausse des prix et la contraction de la demande font pression
- Activité : le maintien des indices PMI composite (50,7) et manufacturier (51,6) au-dessus du seuil d'expansion est en partie faussé par l'allongement des délais de livraison (lié aux perturbations logistiques), masquant une demande globale qui se contracte en réalité pour la première fois en huit mois.
- Inflation : l'inflation remonte à 2,5% en mars, poussée par la transmission rapide du choc énergétique.
- Allemagne : la dynamique industrielle était déjà dégradée avant l'intensification du conflit, avec une production en baisse (-0,3%) et une demande domestique en net recul (-4,4%). Si le PMI manufacturier résiste (52,2) grâce aux commandes anticipées, le PMI services chute (50,9 contre 53,5) face à la baisse de la demande et à la hausse des coûts.
- Espagne : la croissance des services reste la plus solide (PMI à 53,3), mais décélère nettement en raison de la hausse des coûts.
- France : l'économie stagne (PMI global à 50,0) face à la hausse des coûts, des retards et annulations de commandes. Les services sont en contraction (PMI services à 48,8), pénalisés par des reports de dépenses et d'investissements dans un contexte d'incertitude qui renforce les craintes de stagflation.

Asie : consommation atone en Chine
- Chine : la reprise de la consommation est poussive (ventes au détail à +0,8% seulement à Pékin pendant les fêtes). En revanche, l'indice des prix à la production (PPI) repasse dans le vert (+0,5%) après 41 mois de baisse consécutive, tiré par les coûts de l'énergie et des matières premières.
- Corée du Sud : la Banque de Corée maintient sans surprise son taux à 2,50%.
- Inde : l'activité des services ralentit face aux incertitudes (PMI services à 57,5, un plus bas depuis 14 mois).
- Japon : la demande intérieure souffre (dépenses des ménages à -1,8% sur un an). L'impact du choc énergétique et du Yen faible se fait durement sentir avec des prix à l'importation en hausse de 7,9%, poussant les prix de gros (CGPI) à +2,6%.

Marchés : un appétit pour le risque retrouvé
- Actions : bien que fragile, une détente partielle se fait ressentir. La semaine est marquée par un rebond de l'appétit pour le risque, porté par l'espoir d'une issue diplomatique au Moyen-Orient et l'annonce d'une trêve temporaire. Les indices européens ont particulièrement réagi à la baisse initiale des cours de l'énergie.
- Obligations : après une forte baisse des rendements en début de semaine, les taux sont repartis à la hausse. Ce mouvement reflète les craintes de diffusion du choc pétrolier dans les données d'inflation en Zone Euro. Il en va de même aux Etats-Unis avec des anticipations d'inflation rehaussées (indice Michigan) et une inflation sous-jacente en hausse.
Matières premières : une semaine très volatile
- Pétrole : les cours du pétrole ont chuté de près de 11% (Brent autour de 95,50$, WTI à 97,60$) suite au cessez-le-feu US-Iran, avant de rebondir vendredi. L'accord reste fragile et les tensions persistent autour du détroit d'Ormuz, où l'Iran menace d'imposer des droits de péage aux navires.

Newsletter rédigée le 14/04/2026, sur les données au 10/04/2026.
