Géopolitique : tensions persistantes malgré la réouverture du détroit d'Ormuz
- Guerre en Iran : si la réouverture du détroit d'Ormuz a offert un vif rebond sur les marchés, cette embellie reste précaire face à la reprise des tensions.

Etats-Unis : une économie à deux vitesses
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Emploi et consommation : le marché du travail reste résilient avec des inscriptions au chômage toujours faibles (207 000) et des créations d'emplois privés estimées à 39 250 par semaine (ADP). Toutefois, le Beige Book de la Fed souligne une polarisation croissante entre les consommateurs les plus aisés et les plus modestes, tandis que la croissance des ventes au détail a ralenti à 2,4% en glissement annuel au premier trimestre.
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Activité : d'un côté, les indicateurs manufacturiers régionaux (comme le Philadelphie à 26,7) surprennent largement les pronostics à la hausse en avril. De l'autre, la production industrielle nationale recule de 0,5% en mars et le taux d'utilisation des capacités de production tombe à 75,7%. Le moral des PME (indice NFIB) retombe à son plus bas depuis l'élection de Donald Trump, tandis que la part prévoyant d'accroître leurs dépenses d'investissement en capital à 3-6 mois chute à un niveau inédit depuis la crise financière de 2008. L'immobilier ancien souffre également, retombant à un plus bas de 15 ans.
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Inflation : tirée par l'envolée de l'essence (+10,9%), l'inflation globale grimpe à 3,3% sur un an en mars (plus haut depuis mai 2024). Cependant, l'inflation sous-jacente rassure (+0,2% sur un mois). Les prix à la production (PPI) ressortent sous les attentes mais accélèrent tout de même à +4% sur un an dans le sillage du pétrole, avec une flambée notable des composants électroniques (+19%). La dynamique globale des prix reste pour l'instant sous contrôle.

Zone Euro : le FMI revoit ses prévisions à la baisse
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FMI : le Fonds Monétaire International abaisse ses prévisions de croissance pour la Zone Euro à 1,1% en 2026 et anticipe une inflation à 2,6%, conséquence directe du choc énergétique. Le constat est particulièrement sévère pour le Royaume-Uni (croissance à 0,8% et inflation à 3,2%) et l'Allemagne (croissance à 0,8% et inflation à 2,7%).
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Union européenne : depuis le début de la guerre en Iran, 22 Etats membres ont adopté des mesures non coordonnées pour amortir la hausse des prix de l'énergie, pour un coût cumulé estimé à plus de 9 milliards d'€, principalement via des baisses temporaires de taxes (15 pays) et l'encadrement des marges des énergéticiens (12 pays), selon l'Institut Jacques Delors.
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BCE : un statu quo sur les taux est privilégié pour la prochaine réunion. Les minutes révèlent une vigilance accrue sur les effets de second tour de hausse des prix de l'énergie et des engrais, notamment sur les prix alimentaires et la perception de l'inflation par les ménages.
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France : l'agence Moody's maintient la note souveraine du pays, jugeant les objectifs de déficit crédibles. Le gouvernement ajuste néanmoins ses prévisions macroéconomiques : la croissance est révisée à la baisse (0,9%) et l'inflation à la hausse (1,9%) sous le poids de l'énergie.
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Allemagne : la transmission de la crise énergétique est rapide outre-Rhin, avec une inflation confirmée en hausse à 2,8% en mars.
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Italie : la dynamique industrielle déçoit (seulement +0,1% en février), poussant le gouvernement à n'espérer que 0,5% à 0,6% de croissance cette année.
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Royaume-Uni : le PIB a affiché une belle résilience en février (+0,5%), illustrant une dynamique solide qui précédait toutefois le déclenchement des récentes tensions géopolitiques.

Asie : rebond manufacturier à Pékin, flambée des importations pour ses voisins
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Chine : la croissance du premier trimestre surprend à la hausse (+5% sur un an), largement tirée par une accélération marquée des exportations (+14,7%). L'indice des prix à la production (PPI) repasse dans le vert (+0,5%) pour la première fois après 41 mois de contraction. La demande interne reste en retrait avec des ventes au détail décevantes (+0,14% en mars), du chômage en hausse à 5,4%, des crédits bancaires inférieurs aux attentes et une crise immobilière persistante (investissements à -11,2%). Le pays subit des sorties nettes de devises records (32,1 mds$).
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Japon : côté industriel, le climat des affaires signe sa plus forte baisse mensuelle depuis trois ans. Face à la faiblesse du yen, la Banque du Japon et le ministère des Finances renforcent leur surveillance en coordination avec les Etats-Unis. Un statu quo de la BoJ est anticipé tant que le conflit au Moyen-Orient brouillera les pistes de l'inflation sous-jacente.
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Corée du Sud : l'impact de l'énergie se traduit par un bond de 18,4% des prix à l'importation, tirés par le pétrole.

Marchés : regain d'appétit pour le risque
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Actions : net rebond de l'ensemble des places boursières mondiales, libérées par le début de détente entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran. Les secteurs cycliques (technologie, consommation discrétionnaire, communication et finance) tirent ce mouvement haussier, surperformant largement les valeurs défensives et le secteur de l'énergie, ce dernier étant freiné par la chute du brut.
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Obligations : si une détente des rendements courts et longs a été observée suite à la révision des anticipations d'inflation énergétique, les taux restent sur des niveaux élevés. Les marchés obligataires intègrent désormais le spectre de déficits publics creusés par les dépenses militaires et les subventions énergétiques.
Matières premières : le WTI américain plonge
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Energie : l'Iran a annoncé la réouverture totale du détroit d'Ormuz (bien que les Etats-Unis maintiennent officiellement leur blocus naval dans l'attente d'un accord). Vendredi dernier, le WTI américain a plongé de près de 13% (autour de 84 USD), son plus bas niveau depuis début mars.

Newsletter rédigée le 21/04/2026, sur les données au 17/04/2026.
