Géopolitique : l'engrenage militaire s'accélère dans le Golfe
- Iran-USA : les frappes réciproques se sont intensifiées au-delà des cibles strictement militaires, l'Iran ayant notamment frappé plusieurs Etats du Golfe. La Chine et le Pakistan s'inquiètent ouvertement des développements et appellent au retour du dialogue. Les tensions s'étendent à la mer Rouge (craintes de perturbations par les Houthis), paralysant davantage le trafic régional.

Etats-Unis : l'inflation rassure, l'activité souffle le chaud et le froid
- Inflation : les publications rassurent globalement. Le CPI sous-jacent (Core CPI) est ressorti inchangé sur un mois, sous le consensus. L'indice des prix à la production (PPI) recule de 0,3 % sur un mois (grâce à la baisse de l'énergie) et le PPI sous-jacent limite sa hausse à 0,2 % (contre 0,4 % attendu). En revanche, les prix à l'importation grimpent de 0,3 % (tirés par les semi-conducteurs à +31 % sur un an et l'électronique).
- Activité : le marché de l'emploi reste solide (inscriptions au chômage sous le consensus à 208 000). L'indice manufacturier de Philadelphie bondit à 41,1 (plus haut depuis novembre 2021) et les ventes au détail progressent en ligne avec les attentes (+0,2 %). Toutefois, le sentiment des constructeurs immobiliers tombe à son plus bas de 2026 et la confiance des consommateurs (Michigan) reste proche de ses plus bas historiques malgré un léger redressement des anticipations.
Zone Euro : réforme majeure du marché carbone et attentisme de la BCE
- Industrie : la Commission européenne a présenté la vaste réforme de son marché du carbone (SEQE). Au programme, notamment : prolongation des quotas gratuits post-2030 contre des investissements verts, création d'une banque de décarbonation dotée de 100 Mds €, intégration du maritime et de l'aviation, et ajustement de la réduction du plafond d'émissions (à 3,7 % par an sur 2031-2035) pour soulager l'industrie.
- Macroéconomie et BCE : la balance commerciale de la Zone Euro s'enfonce à -7,8 Mds € en mai et la production industrielle recule légèrement (-0,3 %). Le marché est dans l'attente de la réunion de la BCE (statu quo attendu jeudi, mais une hausse reste envisagée pour septembre). Au Royaume-Uni, le PIB de mai affiche une légère résilience (+0,1 %).

Asie : ralentissement de la croissance chinoise et tentative de défense du yen
- Chine : la croissance du PIB déçoit au T2 (+4,3 % sur un an, au plus bas depuis 2022 et sous la cible de 4,5-5 % fixée par le gouvernement), pénalisée par l'immobilier (prix du neuf à -3,3 % sur un an) et l'atonie de l'investissement. En contraste, le commerce extérieur explose (exportations à +27 % et importations à +36 % en juin), tout comme la production industrielle (+5,3 %, tirée par la tech).
- Japon : le gouvernement accentue la pression pour soutenir le yen, la ministre S. Katayama se disant prête à une « action décisive ». La Première ministre, S. Takaichi, pousse pour rediriger l'épargne locale, dont le puissant fonds GPIF (Government Pension Investment Fund), vers les actifs domestiques. Sur le plan de l'activité, le sentiment manufacturier reste stable (+13, aidé par l'IA), mais l'indice non manufacturier recule face à la hausse des coûts.
- Corée du Sud : La Banque de Corée a relevé son taux directeur de 25 pb à 2,75 % (une première depuis trois ans et demi) pour défendre le won et contenir l'inflation.

Matières premières : nouvelle hausse de l'énergie
- Pétrole : porté par l'embrasement du conflit irano-américain, les menaces sur le détroit d'Ormuz et la mer Rouge, ainsi que la baisse des stocks américains, le pétrole flambe d'environ +15,5 % sur la semaine (WTI au-dessus de 81 et Brent s'approchant des 90 en séance).
- Or : pénalisé par cette nouvelle vague de craintes inflationnistes (qui éloigne les baisses de taux), l'or subit sa plus forte chute en six semaines à 4 017 (-2,49 %).

Marchés : décrochage des semi-conducteurs
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Actions : semaine dans le rouge, plombée par la brutale correction des semi-conducteurs (l'indice SOX sur les semi-conducteurs entre en bear market avec -20 % depuis son pic). Les investisseurs s'interrogent sur la rentabilité des investissements colossaux dans l'IA et opèrent une rotation sectorielle vers des valeurs jugées plus sûres (Apple repasse première capitalisation mondiale devant Nvidia). Le Nasdaq dévisse de 4,13 % sur la semaine, entraînant le Nikkei (-6,44 %) et le MSCI Emerging (-4,10 %). L'Europe (EuroStoxx 50 à -0,62 %) et le S&P 500 (-1,55 %) limitent légèrement la casse, bien qu'évoluant dans un climat de forte nervosité avant les publications des géants de la Tech.
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Obligations : les rendements souverains offrent un visage contrasté et évoluent dans des marges étroites malgré les incertitudes de l'inflation. Le 10 ans américain consolide très légèrement à 4,55 % (-1 pb sur la semaine), tandis que les taux se tendent modérément en Europe : le Bund grimpe à 3,13 % (+6 pb) et l'OAT française s'établit à 3,93 % (+10 pb).
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Devises : peu d'amplitude sur le marché des changes. L'euro se maintient face au dollar (EUR/USD à 1,1439, +0,20 % sur la semaine). Malgré les avertissements verbaux de Tokyo, le yen peine à redresser significativement la barre face au billet vert (USD/JPY à 162,40, -0,44 % sur la semaine).

* en devises locales ** exprimées en points de base (0,01%)
Newsletter rédigée le 21/07/2026, sur les données au 17/07/2026.

