Géopolitique : d’une crainte d’embrasement à l’espoir d’une sortie de crise
- Moyen-Orient : Donald Trump a annoncé que de nouvelles négociations avec l'Iran débuteraient lundi 10 aout après-midi, après avoir annulé une attaque prévue contre l'Iran. Le président américain a également laissé entendre qu'un accord sur la réouverture du détroit d'Ormuz pourrait être imminent, et a déclaré qu'il continuerait également à œuvrer pour mettre fin au programme nucléaire iranien. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que les négociations entre l'Iran et Oman étaient dans leur phase finale et portaient sur une nouvelle route à travers le détroit d'Ormuz.

Etats-Unis : semaine riche avec une salve de statistiques économiques rassurantes et le statu quo monétaire
- FOMC : le Comité fédéral de l'Open Market a voté par 9 voix contre 3 pour maintenir le taux directeur entre 3,5 % et 3,75 %, malgré la préférence de certains responsables pour une hausse des taux. Kevin Warsh, président de la Réserve fédérale, a précisé que cette décision ne reflète pas une inertie mais l’engagement de la Fed à lutter contre l’inflation. Il a également réaffirmé l'absence d'objectif d'inflation souple et l’engagement de la Fed à assurer la stabilité des prix face à la pression croissante liée à l'inflation élevée et aux tensions sur les prix.
- Emploi : le rapport hebdomadaire de ADP indique 15 000 créations dans le secteur privé en moyenne par semaine sur les 4 semaines allant au 11 juillet. Ce n’est pas un mauvais chiffre mais il s’agit tout de même du rythme le plus faible depuis mi-mars. S’agissant des données trimestrielles de coût du travail, le chiffre légèrement au-dessus des attentes, à +0,9% sur le T2 et +3,4% en glissement annuel. Pour le secteur privé, la progression de la rémunération tombe à 3,3% sur un an, soit le plus bas niveau depuis 5 ans.
- Immobilier : en mai, pour le 3ème mois de suite, l’indice de prix immobiliers Case Shiller est en baisse (-0,1%). En termes réels, les prix sont sur une légère tendance négative et au plus bas depuis un peu plus de 3 ans.
- Consommateur : l’indice de confiance du Conference Board sort en dessous des attentes et proche des plus bas niveaux des 10 dernières années. Pour les questions relatives au marché du travail, la tendance reste à la légère dégradation.
- Croissance : le PIB américain du T2-26 ressort en-dessous des attentes (+1,5% en glissement trimestriel vs +2,0% attendu) en raison d’une contribution négative des stocks et de la balance commerciale. Ces éléments demeurent volatils dans leur contribution, l'essentiel est assez rassurant avec l’investissement (+7%) et la consommation (+3,2%) qui demeurent de solides piliers.
- Commandes de biens durables : les nouvelles commandes de biens durables déçoivent en juin, à +0,3% contre +2,4% attendus. Hors transport et défense, les données sont meilleures (+ 0,9% sur le mois et +12,5% sur 12 mois) en raison des CAPEX liées au cycle IA avec des nouvelles commandes d’ordinateurs au plus haut depuis plus de 25 ans.
Zone Euro : un contexte qui reste en amélioration relative malgré des signaux toujours peu encourageants en France
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Marché du travail : les données trimestrielles de coût du travail sortent légèrement au-dessus des attentes, à +0,9% sur le T2 et +3,4% en glissement annuel. Pour le secteur privé, la progression de la rémunération tombe à 3,3% sur un an, soit le plus bas niveau depuis 5 ans.
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Activité de crédit : la distribution de crédit bancaire s’est poursuivie sur un bon rythme en juin, avec 17 Mds€ de nouveaux prêts aux ménages (en ligne avec les mois précédents) et 26 Mds € de nouveaux prêts aux entreprises non-financières.
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Allemagne : l’enquête IFO continue à se reprendre lentement en juillet, tout en restant en deçà de ses niveaux de début d’année. Les conditions confirment une certaine mollesse de l’économie allemande.
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France : l’enquête de confiance des consommateurs se reprend mais se trouve encore en dessous des niveaux d’avant la guerre en Iran. Le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté de 3,1 % au deuxième trimestre sur un an.

Japon : dynamique interne en amélioration avec un focus sur le rebond sur l’inflation
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Politique monétaire : La Banque du Japon a maintenu son taux directeur à 1 %, tout en adoptant un ton plus offensif. Le comité considère que les risques liés à l’inflation restent élevés, et le gouverneur Ueda a souligné la nécessité de surveiller de près un éventuel maintien durable de l’inflation au-dessus de 2 %.
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Inflation : les prix des services aux entreprises au Japon (IPP) ont augmenté de 3,2 % en juin par rapport à l'année précédente, selon les données publiées par la Banque du Japon, contre 3.3% attendu et une progression de 3.4% au mois précédent. Souvent considérée comme un indicateur avancé de la tendance nationale, l’inflation générale à Tokyo est passée de 1,7 % à 2 % en juillet, tandis que l’inflation « core core » (hors énergie et alimentation) augmente de 1,1 % à 1,3 %.

Chine : déception maintenue sur l’activité domestique avec une dépendance forte aux développements technologiques
- PMI : les enquêtes PMI de juillet sont une nouvelle fois décevantes, avec un PMI composite qui tombe à 49,3, son plus bas niveau depuis les confinements de 2022. Cela indique une demande domestique en repli et une orientation globale légèrement à la baisse.
- Industrie : les profits industriels de juin 2026 affichent une hausse de 18,7 %, en léger ralentissement par rapport au mois précédent (18,8%). Selon Bloomberg, cette décélération confirme une économie à deux vitesses: les profits progressent davantage dans la « nouvelle économie » et reculent dans l’« ancienne économie », notamment dans les secteurs de la consommation.

Matières premières : pétrole en plein essor, l'or à l'arrêt
- Pétrole & gaz : la désescalade au Moyen-Orient a provoqué une baisse significative des prix des énergies fossiles (pétrole, gaz).
- Métaux : la hausse des rendements réels (i.e., rendements ajustés de l’inflation) et du Dollar a été généré aussi une volatilité importante des cours de l’or et l’argent qui ont connu des oscillations importantes malgré une variation baissière relativement limitée (respectivement de -0.186% et -1%).

Marchés : actions en hausse, tech volatile
- Actions : les indices boursiers ont majoritairement repris le chemin de la hausse même si nous notons une reprise incomplète, soutenus par de bonnes publications et le rebond sur les semi-conducteurs. Certains secteurs cycliques affichent des variations plutôt favorables soutenus par la détente du risque géopolitique et une moindre pression baissière (Consommation discrétionnaire +8% aux US et +2.40% en Europe). S’agissant des valeurs tech, notamment les valeurs de semi-conducteurs et l’IA, la soutenabilité du cycle d’investissement interroge toujours. En Asie, la semaine a été excessivement volatile, toujours animée par le sujet « tech » : à titre d’illustration, l’indice KOSPI donne des signaux de fragilité, l’excès de levier sur quelques titres (ETF à effet de levier sur SK Hynix, Samsung), l’excès d’optimisme des investisseurs particuliers et l’impact des appels de marge sur la liquidité ont été un cocktail explosif avec une baisse cumulée de -16% à la clôture de jeudi suivi d’un énorme rebond vendredi (~+18%)
- Taux : pression haussière sur les rendements souverains suite des prises de positions marquées de plusieurs membres de la Fed en faveur d’une hausse prochaine des taux directeurs.
- Crédit : nous constatons semaine après semaine une certaine insensibilité des primes de risque aux éléments de géopolitique. Les spreads sur la « catégorie investissement » (investment grade) sont stables mais le peu de tensions s'est concentré sur le « haut rendement » (high yield) avec un léger écartement des spreads.
- Changes : la semaine a été marquée par la hausse du Yen suite aux interventions successives des autorités japonaises et à l’action coordonnée avec le Trésor américain.

* en devises locales ** exprimées en points de base (0,01%)
Newsletter rédigée le 05/08/2026, sur les données au 31/07/2026.

