Géopolitique : entre tensions et isolement économique
- Moyen-Orient : l'administration Trump, par la voix du secrétaire au Trésor Bessent, a officialisé son « plan d'isolement économique sans précédent » contre l'Iran, visant à étouffer le régime en ciblant ses partenaires commerciaux, dont la Chine et l'Inde. Cette annonce, qui fait suite à l'échec des négociations sur le détroit d'Ormuz, a ravivé les craintes d'une escalade et d'une extension du conflit au terrain commercial.
- Etats-Unis-Canada : les négociations commerciales entre les Etats-Unis et le Canada ont brutalement échoué, conduisant à l'application de droits de douane de 50 % sur 20 Mds d'importations canadiennes.
- Marchés : cette double offensive maintient une prime de risque élevée sur les marchés, les investisseurs se tournant vers des valeurs refuges comme l'or, qui a franchi la barre des 4 600 $ l'once.
Etats-Unis : l'inflation modérée conforte le statu quo, mais la pression budgétaire inquiète
- Inflation : les chiffres de juillet ont été rassurants. L'inflation globale n'a progressé que de 0,1 % sur un mois (3,4 % sur un an), tandis que l'inflation core (hors alimentation et énergie) a augmenté de 0,2 % (2,5 % sur un an). L'indice des prix à la production est resté stable sur le mois.
- Consommation et activité : les ventes au détail ont chuté de 0,6% sur un mois, confirmant la fragilité de la consommation. L'indice de confiance de l'Université du Michigan s'est également dégradé.
- Fed : l'attention est désormais tournée vers le symposium de Jackson Hole (27-29 août), où le président Warsh devrait s'exprimer. Le marché espère des clarifications sur la fonction de réaction de la Fed. Dans ce contexte, la probabilité d'une hausse de taux en septembre est tombée sous les 30 %. Les taux longs restent quant à eux sous pression, pénalisés par les inquiétudes budgétaires et une base d'acheteurs de plus en plus sensible aux prix.
Zone Euro : croissance résiliente face aux chocs, la BCE attenue au tournant
- PMI et activité : les indices PMI flash d'août sont ressortis au-dessus des attentes (composite à 52,1), signalant une croissance proche du potentiel au T3. L'activité est portée par le secteur manufacturier, soutenu par les dépenses de défense et les investissements liés à l'IA, tandis que les services restent dynamiques grâce à une bonne saison touristique. Les vagues de chaleur et la sécheresse en Europe centrale inquiètent, avec un impact potentiel sur la production industrielle allemande via les bas niveaux du Rhin, et sur les prix alimentaires.
- Inflation : les prix de l'énergie, notamment le gaz et l'essence, restent élevés, ce qui devrait se traduire par une accélération de l'inflation en août, à 3,4 % sur un an attendu. L'inflation sous-jacente devrait rester stable à 2,5 %.
- Politique monétaire : la combinaison d'une activité résiliente et de pressions inflationnistes persistantes conforte les anticipations d'une hausse de taux de 25 points de base de la BCE en septembre, une mesure quasiment acquise pour les marchés.
- Royaume-Uni : l'activité britannique montre des signes de solidité, avec des PMI d'août robustes (composite à 52,5). Cependant, l'inflation globale s'est accélérée en juillet sous l'effet de l'énergie (2,9 % sur un an). L'inflation sous-jacente est quant à elle restée stable. Le marché du travail montre quelques signes de relâchement, avec un taux de chômage stable à 4,9 %. La BoE devrait à nouveau laisser ses taux inchangés en septembre, privilégiant une approche attentiste face à un choc énergétique qu'elle juge temporaire.

Japon : le vent tourne pour la BoJ, un relèvement en septembre probable
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Hausse des taux anticipée : le « Summary of Opinions » de la dernière réunion de la BoJ s'est avéré plus offensif que les commentaires du gouverneur Ueda. Plusieurs membres ont appelé à une réponse « agile » de la politique monétaire. Combiné à la faiblesse du Yen et aux pressions américaines, le marché anticipe désormais avec une probabilité de 80 % une hausse des taux en septembre.
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Croissance et inflation : le PIB du T2 a déçu, avec une hausse de seulement 0,3 % sur le trimestre, pénalisé par la faiblesse de la demande intérieure et des investissements. Cependant, l'inflation « core-core » de juillet s'est renforcée pour la première fois en neuf mois, signe d'un « pass-through » des prix de l'énergie et de la faiblesse du yen.

Chine : l'activité reste atone, portée par l'industrie plus que par la consommation
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Production vs Consommation : l'indicateur le plus frappant est le contraste entre une production industrielle robuste (5,0 % sur un an) et des ventes au détail très faibles (1,5 % sur un an). Cela illustre un modèle de croissance toujours déséquilibré, porté par l'industrie et les exportations, tandis que la demande intérieure demeure fragile. La dépendance aux investissements technologiques et aux exportations expose l'économie.
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Politique monétaire : la PBoC maintient un biais accommodant, mais privilégie désormais les outils ciblés et la gestion des liquidités plutôt que des baisses de taux généralisées, afin de préserver la rentabilité des banques.

Matières premières : pétrole stable, gaz sous pression
- Pétrole : le pétrole reste dans une fourchette relativement étroite (86-90 $ le baril pour le Brent). Le marché semble digérer les annonces américaines et l'absence d'accord avec l'Iran, mais reste en alerte.
- Gaz : les prix du gaz européen restent élevés (66 €/MWh), ce qui pourrait renforcer la BCE dans sa volonté de resserrement de la politique monétaire.

Marchés : actions résilientes, taux sous pression
- Actions : la saison des résultats du T2 se poursuit sur une note positive, avec des bénéfices en forte hausse, notamment dans l'énergie, les matières premières et la tech (IA). Le S&P 500 s'est rapproché de ses records, porté par un rebond des valeurs tech. Le VIX est redescendu vers 14, signe d'un apaisement des craintes. Les marchés européens résistent bien, soutenus par des résultats solides.
- Taux : les taux longs restent sous pression. Le rendement du T-bond américain à 10 ans se maintient à des niveaux élevés, autour de 4,7 %, tandis que celui du Bund allemand atteint 3,2 %. La dynamique est défavorable, portée par les inquiétudes budgétaires et les émissions abondantes. Le Trésor américain a annoncé un doublement des rachats d'obligations longues pour tenter d'enrayer la hausse, mais l'effet a été de courte durée.
- Devises : le Yen a connu une semaine volatile. Les interventions coordonnées (Japon et Fed) ont permis un rebond, mais la devise reste sous pression, autour de 159 USD/JPY. Le dollar, quant à lui, est sous pression face aux incertitudes budgétaires et à une Fed moins hawkish. L'or a profité de ce contexte pour atteindre de nouveaux sommets.

* en devises locales ** exprimées en points de base (0,01%)
Newsletter rédigée le 25/08/2026, sur les données au 21/08/2026.


