Géopolitique : l'échiquier énergétique sous haute tension
- Moyen-Orient : l'escalade militaire entre Washington et Téhéran s'est intensifiée. Des frappes américaines sur le territoire iranien, des tirs de missiles contre une base au Koweït et la poursuite du blocus naval des ports iraniens ravivent les craintes sur la continuité des flux dans le détroit d'Ormuz. Le marché pétrolier a vivement réagi, propulsant les cours à leurs plus hauts niveaux de l'été.
Etats-Unis : une résilience qui se confirme au fil des indicateurs
- Emploi : le rapport officiel (NFP) a créé la surprise avec 162 000 créations d'emplois en août (contre 55 000 attendues) et un chômage stable à 4,1 %. À l'inverse, l'enquête ADP a déçu (38 000 créations privées) et les offres d'emploi (JOLTS) ressortent à 7,27 millions (contre des attentes à 7,33 millions).
- Activité : l'ISM manufacturier recule à 54,6. Le secteur tertiaire gagne en vigueur avec un PMI Services progressant à 55,4, propulsé par un bond des nouvelles commandes (60,9).
- Réserve fédérale : le marché spécule fortement avant la réunion de la Fed du 16 septembre. Les propos accommodants de Christopher Waller jeudi militaient pour un statu quo, mais le solide rapport sur l'emploi publié vendredi a ravivé les anticipations de hausse. L'indice des prix (CPI) d'août, attendu ce vendredi, cristallisera la décision.
Zone Euro : l'industrie respire, les prix de l'énergie s'emballent
- Inflation : l'IPCH de la Zone Euro accélère à +3,3 % sur un an en août. Le rebond est principalement tiré par les prix de l'énergie, particulièrement en Allemagne (+2,9 %) et en France (+2,7 %). L'inflation sous-jacente allemande se stabilisant à +2,4 % (un niveau toujours trop élevé selon la BCE), la perspective d'une hausse de 25 points de base des taux par la BCE ce jeudi 10 septembre se renforce.
- Activité : le PMI manufacturier de la Zone Euro atteint 52,7, son plus haut depuis mai 2022. En France, la croissance du T2 a été sauvée par un rebond de la consommation (+0,3 %) et des exportations de l'aéronautique (+2,9 %), compensant un fort déstockage des entreprises.
- Royaume-Uni : tandis que l'emploi progresse à un rythme qui n'avait pas été atteint depuis plus de deux ans, le PMI manufacturier (51,7) a légèrement reculé par rapport à juillet (51,9).

Asie : l'industrie nippone déjoue les pronostics, la Tech soutient la région
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Japon : l'activité industrielle surprend à la hausse avec une production en croissance de 0,1 % en juillet (contre une baisse de 0,7 % anticipée). Une embellie confirmée par le PMI manufacturier d'août qui culmine à 54,9, grâce à de nouvelles commandes qui progressent à leur rythme le plus rapide depuis 2018. Le secteur tertiaire n'est pas en reste (PMI services au plus haut depuis cinq mois à 52,5).
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Chine : l'indice PMI manufacturier recule pour le deuxième mois consécutif (49,8), confirmant la fragilité de la reprise industrielle.
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Corée du Sud : l'inflation accélère à +3,1 % sur un an. Le Core CPI bondit à +3,4 %, justifiant le biais restrictif de la Banque de Corée, après deux hausses de taux consécutives.

Matières premières : le pétrole bondit, l'or marque le pas
- Pétrole : le pétrole signe sa meilleure semaine depuis la mi-juillet. L'escalade au Moyen-Orient propulse le Brent au-delà des 95 $ (+5 %) et le WTI grimpe à 91 $ (+9,69 %).
- Or : pénalisé par le rebond des taux américains après les chiffres de l'emploi, l'or recule légèrement à 4 430 $ l'once (-0,56 %).

Marchés : double pression entre des barils brûlants et des rendements qui s'envolent
- Actions : la semaine a été marquée par une franche divergence entre la fébrilité européenne et la résilience américaine. En Europe, la flambée conjointe des cours pétroliers et des rendements obligataires a lourdement pesé sur les indices (l'EuroStoxx 50 cède 1,43 %), le marché anticipant de plus en plus une hausse des taux de la BCE ce jeudi. À l'inverse, Wall Street a mieux absorbé le choc. Si le très solide rapport sur l'emploi a ravivé les craintes d'un durcissement de la Fed, le secteur technologique a une nouvelle fois joué son rôle de pilier, permettant au Nasdaq 100 (+0,38 %) et au S&P 500 (+0,09 %) de clôturer dans le vert. Outre l'inflation américaine, le marché scrutera les publications d'Adobe et d'Oracle jeudi, deux tests cruciaux pour évaluer la solidité de la demande dans la Tech.
- Obligations : tension modérée mais continue sur la courbe des taux. Aux Etats-Unis, le solide rapport sur l'emploi a poussé le 10 ans américain à 4,78 % (+6 pb sur la semaine). Le mouvement est parfaitement similaire en Europe à l'approche de la réunion de la BCE : le Bund allemand progresse à 3,34 % (+6 pb) et l'OAT française s'établit à 4,20 % (+7 pb).
- Crédit : les primes de risque restent quasi figées sur le segment Investment Grade européen (BarCap Euro Corp à 80 pb, -1 pb). Le High Yield (BarCap Pan-Europe HY) s'écarte légèrement de 7 pb à 285 pb.
- Devises : le dollar reste solide pendant que le yen subit un net repli (USD/JPY à 156,26, +2,45 % sur la semaine). L'euro se maintient face au billet vert (EUR/USD à 1,1614, +0,25 %).

Données au 04/09/2026.
* Performances exprimées en devises locales. ** Variations exprimées en points de base (0,01%).
Analyses rédigées le 08/09/2026 sur la base des informations disponibles au 04/09/2026.


